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lundi 7 novembre 2011

situation de transhumance

Et nous les petits , les obscurs, les sans-grades,
Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés, malades,
Sans espoir de duchés ni de dotations;
Nous qui marchions toujours et jamais n'avancions;
Trop simples et trop gueux pour que l'espoir nous berne
De ce fameux bâton qu'on a dans sa giberne;
Nous qui par tous les temps n'avons cessé  d'aller,
Ne nous soutenant plus qu'à force de trompette,
De fièvre et de chansons qu'en marchant on répète;

 
Edmond Rostang L'Aiglon. Acte 2, scène 9.

jeudi 13 octobre 2011

Lignes de marges à l'adresse des enferrés

La dérive est le Grand Tour initiatique qui conjure l'ordre du Spectacle. Lignes de marges. Dérive VS Spectacle.

La conscience de l'imposition du Spectacle comme un fait massif, un fait social total, impose en contrepartie une stratégie et des tactiques.
Acquises sur le terrain, elle suinte l'originalité et l'apprentissage à coup de triques.

D'abord la distanciation, élastique, le repli, le recours au forêts,  l'ensauvagement pour se désincarcer de la la paraplégie éducative, mais aussi la guérilla situationnelle, le marronage des situations: faire vriller les situations, acquérir le don des situations, comprendre les situations; l'étrangement pour don. Voilà un faisceau de courants qui conjugue et oriente la dérive dans sa fuite suprême. Autant d'espace-seuils, autant d'étapes, qui marque l'initiation du conjuré, ce renégat du Spectacle. 



Ainsi va la déconstruction du Spectacle, rage du contaminé, séparation du règne de la Séparation, pratiques de marges, culture de l'entre-deux, ces gens du seuil, liberté de l'ombre, du sans-statut, c'est ici que le dériveur s'aguerrit, c'est bien la marge qui tient la page, c'est bien là où les "autres" glissent, sans recours, sans salut, sans marge ou se raccrocher. Sans aspérités les destins maigres de l'utile épuisent leur encre psychique à noircir les pages du Spectacle. L'évitement, l'empêchement, tient leur ligne, la conduit.

Evitement: ne pas prendre en charge l'existence du Spectacle comme fait global total qui nous englobe et nous contient, qui instille le moindre rapport à l'existence, glisser dans la survie augmentée, les parcours balisés du désêtre.

Empêchement: la croûte de battance que forme l'exposition permanente aux flux et aux flots de la saturation durcissent la terre mentale. Sans marges, sans rigoles, l'érosion lamine l'action, la réaction est subvertie. La faiblesse de la terre mentale est celle de l'indifférence qui protège mais enferme. 

Si tu as un toit soulève-le.

Mon Odyssée: attache-moi!


Tu vas où le vent mène. Tu suis l'appel des sirènes. 
Et la plupart du temps tu es à la périphérie de toi-même...

Ça pourrait faire des vers, c'est juste un constat. 
Il n'y a que lorsque le calme revient, que lorsque la mer est plate, 
que le spectacle a été chassé de l'horizon,  que tu reviens à ton fondement.

Tu sais, ces rares moments où tu crois être, où tu es enfin, toi-même.

Sinon, comme Ulysse, si tu veux être conscient où te mène ta barque, 
tu devras rester attacher au mât si tu veux resister.

dériver, c'est une corvée épique.


lundi 10 octobre 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE (LE TRAVAIL DU RESTE)

 Digression sur "l'idée", "le cultiver", 
et sur la manière de fabriquer du "produit" au sein du cycle des transformations


***
La nature ne crée pas de déchets.
 
 La nature n’ a pas de point de vue.


Dans la nature, rien n’est déchet, tout est déchet. Le bousier qui pousse sa pelotte pour aller en faire habitat en même temps que nourriture, est un élément du perpétuel cycle de transformation-utilisation de toute chose et pas l’éboueur recycleur que pourrait y voir un esprit humain.
Il est évident qu’il nous faut urgemment réintégrer ce principe du vivant en envisageant, dès sa conception, la possibilité de transformation écologiquement nourricière de l’objet produit qu'il soit matériel ou immatériel (et je pense ici plus particulièrement aux idées). 
Il nous faut penser la trame de ses transformations, de ses reprises, remakes et disséminations, "rumorologie", incrustations ou autres récits qui se déclenchent, de tout ce mouvement nous avons beaucoup à apprendre sur comment fonctionne le cycle des transformations? quel est le poids de l'opportunisme et du hasard? l'élucidation des stratégies qui se répètent? et un sans fin de données que la pratique va nous apporter.
Il y a un "vrai" retour sur investissement à labourer la terre avec amour comme à faire retour sur ces souvenirs pour reprendre des actions passées: labourer le temps, pour du familier faire l'élan qui conduit.

samedi 1 octobre 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE

Dériver où retourner la pulsion de mort du Spectacle contre elle-même/

A moins que la pulsion de mort soit une pulsion de vie trop à l’étroit sous nos couvercles… Et qui manifeste son besoin de prendre enfin sa place…

Peut-être… De l’art de se retourner contre soi-même…
 
MARCHE. LE CHEMIN.

C'est aussi la différence entre les boucles mécaniques (binaires) et les cycles du vivant (intégrant un temps supplémentaire de respiration). Ou toute la différence entre la marche militaire (pas de l’oie par exemple) et la marche de montagne, ou encore entre le rythme du métronome (ou du piston) et la pulsation cardiaque.
 
De l’art de se retourner contre/sur soi-même en avançant…

mercredi 7 septembre 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE

Tous ces gestes individuels et collectifs qui appartiennent au quotidien, eux aussi concourent à insensiblement faire basculer le monde.
Chacun, à chaque seconde, fait basculer le monde dans un sens ou dans l’autre, et le sait.

vendredi 15 avril 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE (la question entropique)

Il parait que la vie est apparu sur terre, pour la simple raison que c'est le moyen le plus efficace de dégrader l'énergie présente alentour. Il s'agit là, de la lecture froide d'une loi de la thermodynamique.

Ainsi, l'homme aurait été invité par une de ces lois élémentaires de la physique, à bien vouloir dégrader cette réserve d'énergie, au mieux de ses capacités. On pourrait même avancer, si l'on est enfin pas trop humain, qu'il en aurait été instamment prié, par cette force naturelle.
L'homme et son dieu, fort de son libre-arbitre accusateur, se dit qu'il y a eu choix du feu.
C'est faire bien grand cas de sa petite personne.
L'entropie anime l'homme.
Ou bien est ce l'inverse ?


mercredi 16 mars 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE


Es más fácil pedir prestadas ideas y conceptos que experimentar sentimientos e imágenes para animarse a que las nuestras re-suenen. 


 El tener conceptos, en cambio, no nos pide pruebas de que las ideas hayan resonado en algún espacio sensible y afectivo, donde lo finito y infinito dentro de uno mismo tropiezan.