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jeudi 13 octobre 2011

Mon Odyssée: attache-moi!


Tu vas où le vent mène. Tu suis l'appel des sirènes. 
Et la plupart du temps tu es à la périphérie de toi-même...

Ça pourrait faire des vers, c'est juste un constat. 
Il n'y a que lorsque le calme revient, que lorsque la mer est plate, 
que le spectacle a été chassé de l'horizon,  que tu reviens à ton fondement.

Tu sais, ces rares moments où tu crois être, où tu es enfin, toi-même.

Sinon, comme Ulysse, si tu veux être conscient où te mène ta barque, 
tu devras rester attacher au mât si tu veux resister.

dériver, c'est une corvée épique.


lundi 19 septembre 2011

CARREFOUR, ÉTUDE DE SEUIL (DU PROCHE)

« On peut concevoir une structure non métaphysique de la duplication, qui aboutit au contraire à enrichir le présent de toutes les potentialités, tant futures que passées. C’est le thème, à la fois stoïcien et nietzschéen, du retour éternel, qui vient paradoxalement combler le présent de tous les biens dont le prive la duplication métaphysique. » (Clément Rosset, Le réel et son double p.81)

« Ce que nous rencontrons tout d’abord, ce n’est pas le proche, mais toujours l’habituel. L’habituel possède en propre cet effrayant pouvoir de nous déshabituer d’habiter dans l’essentiel – et souvent de façon si décisive qu’il ne nous laisse plus jamais parvenir à y habiter. » (Martin Heidegger, Qu’appelle-t-on penser ? Quadrige-PUF, 1959)

« Notre relation à ce qui nous est proche est depuis toujours émoussée et sans vigueur. Car le chemin des choses proches, pour nous autres hommes, est de tout temps le plus long et pour cette raison, le plus difficile ». (Martin Heidegger, Le principe de raison Gallimard-Tel, 1999)


« le héros est ce chevalier sans peur et sans reproche qui prête à l’apparence un crédit illimité. »
 (Balthasar Gracian, Le Héros, chapitre VI)

mercredi 7 septembre 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE

Tous ces gestes individuels et collectifs qui appartiennent au quotidien, eux aussi concourent à insensiblement faire basculer le monde.
Chacun, à chaque seconde, fait basculer le monde dans un sens ou dans l’autre, et le sait.

jeudi 4 août 2011

DÉPRISE DE LA DÉRIVE

Il s’agit de se déprendre, l’oeuvre, en tant qu’objet, la marque (marquage spatial), la trace, ou bien la signature (temporelle), est un poids, chargé, c’est à dire encore vibrant qui pulse une information et une qualité de lumière, mais il est déjà dans le paysage d’une cosmologie passée, qui s’éloigne.

Je ne suis pas un artiste mais un mystique, l’attitude mystique est une manière de se défaire et de s’orienter, auquel l’art contribue par sa matérialité, il dégage le poids, qui soustrait, oriente la voie à suivre, aussi il serait aberrant de donner une quelconque valeur à « l’oeuvre » car se serait s’anquiloser, l’oeuvre participe du paysage parcouru, c’est une trainée amicale, une bonne amie que l’on a connu quand on croyait se connaître encore, un sillage du soi qui se défait dans le mouvement de son destin.

dimanche 22 mai 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE (À PROPOS DE L'AUTONOMIE)

NOTE À PARTIR DE CASTORIADIS SUR DÉMOCRATIE & AUTONOMIE

« Une société autonome implique des individus autonomes. Les individus deviennent ce qu’ils sont en absorbant et intériorisant les institutions ; en un sens, ils sont l’incarnation principale de ces institutions [...] Nous pouvons formuler l’objet premier d’une politique de l’autonomie, à savoir démocratique : aider la collectivité à créer les institutions dont l’intériorisation par les individus ne limite pas, mais élargit leur capacité de devenir autonomes » (Cornélius Castoriadis, Le monde morcelé, Les carrefours du labyrinthe III, Paris, Seuil, 1990, p.150-151).

La prise en compte de la pulsion de domination, de la volonté de puissance, d'accaparement, d'écrasement, et de jouissance provoqué par cet écrasement -négation d'autrui- est le nécessaire  travail de l'intelligence humaine pour construire une société rendue autonome et faite d'individus autonomes. Personne au-dessus de personne. Tous les êtres se valent et tous sont infinis en puissance d'être.
A ce titre, il se pourrait que les anarchistes qui arrivent à ne pas se plier à la normativité de l’État (entendu globalement comme gouvernement des choses et des âmes) font en fait du « castoriadisme augmenté » (sic) car se sachant incarnés, animés par lui -lucides à ce titre- tout en maintenant des marges d'autonomie toujours actives et en reproduction permanente. 
Elles peuvent être des formes de résistance (politique, etc), mais pas seulement, il s'agit d'être volontaire dans ses rapports au monde, d'absorber les ontologies sans les décrier ou déclasser. L'être traversé qu'est l'individu constitue un jeu délicat et tragique entre ouverture et fermeture. Le corps subtile de la matière pensante propre à s'affiner confine à conclure d'une doctrine mystique à propos de l'anarchiste. Il y va pour lui comme pour tant d'autres avant lui, mystiques, poètes, qualandars, soufis, fakirs, prophètes, du renoncement à son vouloir et de l'acceptation du monde, le surf avec la nécessité, le surf mystique: une noce mystique non dénuée d'érotisme, bien au contraire. C'est par ce passage, cette ordalie, qu'il  s'autonomise. Il s'agit d'une voie à la fois très matérielle, très crue, violente même et pour autant complètement esthète. Il n'y a là d'ailleurs aucune contradiction si ce n'est quelque habitus bourgeois à désincruster.

mardi 15 mars 2011

VOIES DE L'INITIATION: LA VOIE DU MILIEU







 



La voie du milieu n'est subtile que pour celui qui s'est aventuré aux limites du système, de son système. Et s'étant reconnu comme système, qui s'est lui même poussé aux limites comme système. C'est tout le contraire de l'opportunisme: si tu ne connaît que la santé, tu ne connaît que la moitié de la vie.




samedi 1 janvier 2011

VOIES DE L'INITIATION: REPRISE DE LA DÉRIVE

La reprise. Ecriture de la dérive dans l’après-coup d’un délire consommé mais pas toujours digéré. Fragments, notes, contours et kaléidoscopes.

L’écriture de la dérive sert à en modeler les contours dans l’après-coup de l’expérience, c’est le travail manuel de la conscience mais aussi un hommage posthume à la démarche, c’est d’abord avec les pieds que l’on a écrit, la phrase n’aurait pas de sens si le chemin n’avait pas montré la ligne, cette foutue limite, boires et déboires, tomber, se relever, se maintenir, continuer, risquant à sa poursuite le point final, le déra-page.